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L’ONU appelle à ne pas perdre de vue la coopération pour aboutir à des migrations qui sauvent des vies

A l’heure ou le multilatéralisme est remis en cause, la collaboration est la pierre angulaire du Pacte mondial pour les migrations, a souligné mercredi le chef de l’ONU, António Guterres, lors d’une réunion en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.

« J’exhorte les gouvernements, les entreprises, la société civile, mais aussi les autorités locales et régionales à venir à la table (de discussions), prêts à prendre des engagements pour maximiser les avantages d’une migration bien gérée et réduire l’impact négatif des politiques peu judicieuses et du manque de coopération », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

M. Guterres a rappelé que la migration est un phénomène historique à multiples facettes liées à des problèmes humanitaires, de droits de l’homme et démographiques et qu’elle a de profondes implications économiques, environnementales et politiques.

« Malheureusement, c’est aussi un problème qui a souvent été mal représenté et exploité à des fins politiques », a déploré M. Guterres. « Les migrations non réglementées et non gérées ont créé des perceptions fausses et négatives des migrants qui alimentent un discours de xénophobie, d’intolérance et de racisme ».

Finalisé en juillet dernier par les Etats membres de l’ONU, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières reconnaît que, même si chaque État souverain a la prérogative de gouverner ses frontières, « notre monde interdépendant exige des solutions ancrées dans la coopération et dans la poursuite du bien commun », a dit le Secrétaire général.

Le Pacte ayant de larges implications pour l’ensemble du système onusien, le Secrétaire général a décidé de créer un réseau sur les migrations au sein des Nations Unies, afin d’aider les États membres à mettre en œuvre l’accord qui doit être formellement adopté en décembre à Marrakech. Coordonné par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce nouveau réseau apportera son soutien à tous les aspects de la mobilité humaine, du développement économique à la sécurité, à la protection des droits de l’homme et à l’égalité des sexes.

« Près de la moitié des 260 millions de migrants dans notre monde sont des femmes et des filles, et la mise en œuvre du Pacte mondial doit répondre pleinement à leurs besoins et à leurs voix », a souligné M. Guterres. « Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est notre réussite collective et notre responsabilité collective ».

« La route vers Marrakech est la route de l’espoir »

« Que ce soit en raison des pressions économiques, de la violence ou de la menace, de la mauvaise gouvernance et des violations des droits de l’homme, le monde a connu en très peu de temps des niveaux de migration record », a souligné la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa.

Les 10 et 12 décembre 2018, les États membres se réuniront à Marrakech, au Maroc, pour formellement adopter le Pacte mondial sur les migrations.

Mme Espinosa a souligné que le Pacte mondial est non seulement le premier cadre international à essayer de gérer les migrations internationales au niveau mondial, mais « il réitère également des principes importants, tels que la protection des droits de l’homme de tous les migrants, quel que soit leur statut ».

« Je crois qu’il est juste de dire que peu de problèmes ont autant divisé notre monde que celui des migrations au cours de la dernière décennie », a reconnu la Présidente de l’Assemblée générale. « Nous reconnaissons tous que la migration est une question très complexe et plusieurs pays ont montré par leurs politiques d’immigration que nous ne sommes pas en mesure de le faire correctement ».

Mme Espinosa a souligné que l’adoption et la mise en œuvre du Pacte permettra de sauver des vies, protéger les plus vulnérables et mettra fin à des milliers de morts de femmes, d’enfants et d’hommes. « Cela aiderait à mettre un terme à la traite des personnes ; aux réseaux de contrebande ; à la maltraitance des migrants et la séparation des familles de migrants. La route vers Marrakech est donc la route de l’espoir ».

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