Global Council for Tolerance and Peace

Liberté de la presse: Moussa Ngom, journaliste sénégalais, veut participer « à l’éveil des consciences »

Depuis l’âge de 15 ans, Moussa Ngom est passionné par le journalisme. Cette passion vient d’être récompensée par les Nations Unies sous la forme d’un prix que ce jeune journaliste sénégalais, âgé de 24 ans, a reçu récemment pour célébrer la liberté de la presse.

« Les médias ici s’intéressent beaucoup plus à ce qui passe dans la capitale qu’à ce qui se passe à l’intérieur du pays. C’est justement pour cela que j’ai voulu avoir la liberté en étant journaliste indépendant de n’être affilié à aucun média, avoir la liberté de voyager à l’intérieur du pays et de vraiment rencontrer des gens, qui ont besoin de temps de parole, qui ont besoin d’exposer leurs problèmes et qui ne trouvent pas de relais médiatique », explique l’étudiant journaliste lors d’un entretien téléphonique avec ONU Info.

Moussa Ngom finance son blog en proposant un abonnement modique aux lecteurs, de 5.000 francs CFA par an (entre 7 et 8 euros). Il a également fait des demandes de subventions qui sont sur la bonne voie. Ces financements, il les recherche au niveau d’organismes qui ne sont pas susceptibles d’interférer sur son travail journalistique. « Je tiens particulièrement à ce qu’il n’y ait pas d’interférence entre ce que je fais et une possible injonction d’organismes qui pourraient contribuer », dit-il. Il propose également ses articles et ses reportages audios et vidéos sous forme de piges à des médias sénégalais. Moussa Ngom est le seul à écrire ce blog, mais c’est un blog participatif et il publie des contributions de lecteurs après les avoir vérifiées.

Dans le cadre de son blog, il a lancé une rubrique qu’il a appelée Carnet de route et dans lequel il se propose de faire le tour de villages du Sénégal. Moussa Ngom, qui est lui-même originaire de Dakar, s’est ainsi rendu dans le village de Lompoul, dans la région de Louga, à Touba Aly Mbenda Lô, dans la région de Kaffrine, et à Diattang, dans la région de Ziguinchor.

Moussa Ngom est l’un des sept lauréats du concours intitulé « Les Voix d’un Avenir Radieux » organisé par le Bureau de la Haut-Représentante des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits Etats insulaires en développement (UN-OHRLLS) avec le soutien du gouvernement de Norvège, l’initiative ‘Energie durable pour tous’ (SE4All) et le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.

Des journalistes des 47 pays les moins avancés ont été invités à soumettre des reportages sur l’impact positif de l’énergie durable sur des communautés dans leurs pays.

« Un panel de haut niveau a sélectionné les histoires gagnantes et cela a été un travail très difficile de choisir les sept finalistes parce que le niveau des reportages était vraiment élevé », explique May Yaacoub, de l’unité de plaidoyer et de sensibilisation de l’UN-OHRLLS. Plus de 50 candidatures du monde entier ont été soumises. Les reportages soulignent l’innovation, l’esprit d’entreprise, la persévérance face à de grands défis en matière d’accès à l’énergie durable, souligne Mme Yaacoub.

« L’accès à l’énergie reste un défi majeur pour les communautés vivant dans des pays vulnérables. La majorité des personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’électricité vivent dans les pays les moins avancés. Comme l’indiquent de nombreuses études et statistiques, l’énergie durable est directement liée à l’éradication de la pauvreté, au changement climatique, à la santé, à l’eau, à la transformation économique et peut stimuler le développement dans différents secteurs », ajoute-t-elle. Le Bureau de la Haut-Représentante a voulu souligner l’importance de l’énergie durable pour éradiquer la pauvreté.

Comme récompense, les sept lauréats du Togo, du Malawi, du Bénin, de Haïti, du Sénégal, du Bangladesh et du Yémen ont été invités à participer à un Forum de l’énergie durable à Lisbonne, au Portugal, les 2 et 3 mai 2018, les frais de voyage étant pris en charge par l’UN-OHRLLS.

Vous pourriez aussi aimer